PROBOSCIDIENS (Proboscidea)

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Le LUNATASPIS (API : /lunataspis/), au nom latin éponyme, est un arthropode limuline de la famille des paléolimulidés, plus ancien genre connu de xiphosures, de l'Hirnantien (- 445 millions d'années) du Canada.


On caractérise le corps du lunataspis par une unité opisthosomale (c'est-à-dire de sa région postérieure) formant un ensemble fusionné : le thoracétron. Caractéristique des xiphosures, le thoracétron du lunataspis demeure cependant relativement sommaire. Il est composé d'une sclérite subpentagonale de dix à sept tergites (les segments dorsaux existant chez les arthropodes, ainsi que d'une unité parallèle métasomale de trois autres tergites, ensemble court et étroit.


Cet animal blindé, doté d'un exosquelette évolué, préfigure par son anatomie, en dépit de sa petite taille (environ 4 centimètres de longueur), le développement des xiphosures limulines, qui se diversifie à partir du Carbonifère inférieur, cent millions d'années après l'apparition initiale du lunataspis, notamment la famille des rolféiidés. La découverte du lunataspis repousse de ce fait l'origine supposée de ce groupe animal. Cette ressemblance saisissante entre le lunataspis et les xiphosures postérieurs, y compris l'actuelle limule, accrédite l'image commune de ce groupe animal comme étant une lignée de fossiles vivants. A ce titre, l'ancienneté du lunataspis, en faisant le plus ancien xiphosure connu à ce jour, lui confère une importance scientifique et une popularité spécifiques.


Même si le lunataspis est remarquablement "évolué" d'apparence extérieure, en particulier sur le plan de sa morphologie prosomal et du fait qu'il possède des tergites opisthosomales fusionnés, le fait que chez cet animal, ce qui est l'équivalent de son thoracétron soit en deux parties le distingue significativement de tous les autres xiphosures post-paléozoïques.


Tous les fossiles de lunataspis connus demeurent dans de bonnes voire très bonnes conditions de conservation, ceci du fait que ces animaux ont été excavés au sein d'un Lagerstätt de conservation, un type de dépôt sédimentaire où, suite à un recyclage biologique incomplet, du fait de conditions anoxiques (sans oxygène), les parties molles des organismes sont correctement préservées


Sommaire

► ÉTYMOLOGIE

Le nom de Lunataspis dérive de deux langues distinctes : du mot latin luna (lune), et du mot grec aspis (bouclier), en faisant le "bouclier-lune". Le suffixe -aspis est commun parmi les noms de genres Quant au nom d'espèce, aurora, il s'agit du mot latin pour "aurore".


► MATÉRIEL CONNU

Plusieurs exosquelettes de lunataspis sont connus, découverts à partir de 2005 dans le Manitoba (Canada), cependant que n'ayant l'objet d'une première description et publication scientifique, dans la revue Paleontology, qu'en septembre 2007. Le matériel de Lunataspis comprend :


► La carrière où fut découvert, en 1990, l'"éléphant de West Runton"
  • MM I-4000A, Lunataspis aurora, fossile holotype du genre et de l'espèce, de l'Hernantien (- 455 millions d'années) du Churchill River Group, dans le Manitoba (Canada). Ce spécimen, découvert en 2005 et décrit en 2008, est conservé au Manitoba Museum de Winnipeg. Il intègre un exosquelette articulé.
  • MM 3989, Lunataspis aurora, fossile paratype du genre et de l'espèce, de l'Hernantien (- 455 millions d'années) du site de William Lake, dans le Manitoba (Canada). Ce spécimen, conservé au Manitoba Museum de Winnipeg, correspond au moule d'un exosquelette articulé.
  • MM I-3999A, Lunataspis aurora, de l'Hernantien (- 455 millions d'années) du site de William Lake, dans le Manitoba (Canada). Il s'agit d'un spécimen additionnel, découvert en 2005 et décrit en 2008, conservé au Manitoba Museum de Winnipeg. C'est un exosquelette articulé incomplet.


► PALÉOBIOLOGIE

ANATOMIE

Deux individus articulés pratiquement complets (l'holotype MM 1-40001 et le paratype MM I-3989) sont relativement similaires en taille et consistent tous deux en un grand bouclier prosomal de forme quasi-circulaire.


L'opisthosome est divisé en deux unités discrètes, avec une articulation centrale. Un thoracétron mésosomal antérieur large est attesté ; il comporte six à sept tergites fusionnées, avec un lobe axial convexe (cardiaque) et un des régions pleurales (extra-cardiaques) applaties. Le métasome, étroit, comporte trois tergites complémentaires, d'une largeur à peu près similaire à celle de l'axe mésosomal postérieur.


En comparant les proportions relatives du bouclier prosomal et de l'opisthosome, il apparaît que Lunataspis possède une segmentation plus proche de ce qu'elle est chez les xiphosures (qui possèdent neuf segments opisthosomaux fusionnés ou partiellement fusionnés) que des synziphosurines, groupe bien documenté, représenté principalement par les genres Venustulus (Moore et al. 2005a) et Weinbergina (Moore et al. 2005b), qui possèdent dix segments libres les uns des autres, ou les genres Kasibelinurus (Pickett 1993 ; Anderson & Selden 1997) et Anderella, qui en possèdent neuf libres.


Ce constat suggère que la somite VII est d'ores et déjà pleinement encéphalisée chez le lunataspis (Fisher 1984 ; Selden & Siveter 1987), même si son développement ventral (qui prend l'aspect d'une paire de chilaria, des membres vestigiaux, chez les xiphosures actuels) au-dessous de la partie postérieure du bouclier prosomal de l'animal ne peut être établie. De même, le statut de la somite VIII demeure peu explicite. S'il s'avère que le mésosome n'est doté que de six segments, cela impliquerait alors que la somite ait éventuellement pu, d'ores et déjà, être incorporée au sein de la charnière prosomo-opisthosomale, et pleinement développée seulement ventralement sur l'opisthosome (tout comme l'opercule génital chez les xiphosures ultérieurs). On peut observer, chez certains xiphosures dérivés, des vestiges du somite VIII, fusionnés aux marges antéro-latérales de l'opisthosome (Selden & Siveter 1987 ; Anderson & Selden 1997). Ce huitième somite marginal prend alors le nom de "lobe libre". Une structure dorsale équivalente peut éventuellement être présente chez le lunataspis, mais sur les spécimens articulés, les angles antéro-latéraux de l'opisthosome sont cependant préservés de manière parcellaire en dessous des épines génales ; la seule unité mésosomale, discrète, connue chez le spéciment MM I-3990, étant un moule interne de la surface ventrale, ne préservant pas à ce titre les marges antéro-dorsales de l'opisthosome.


  • MENSURATIONS


Les fossiles de lunataspis mesurent environ quatre centimètres de longueur. Mais, faute d'un matériel suffisant, on ne sait pas exactement si cette taille relativement modeste (les xiphosures ultérieurs seront couramment dix fois plus gros) correspond à des individus juvéniles ou adultes.


► SYSTÉMATIQUE

► Le lunataspis, en dépit de son ancienneté et de sa petitesse, présente déjà un blindage relativement structuré, assez similaire à ceux des xiphosures apparus ultérieurement, surtout à partir du Carbonifère.


► RÉFÉRENCES

  • NOWLAN, G. S., RUDKIN, D. M. & YOUNG, G. A., The oldest horseshoe crab: a new xiphosurid from Late Ordovician Konservat-Lagerstätten deposits, Manitoba, Canada, Paleontology, vol. 51-1, pp. 1-9 (2008)


AUTRES XIPHOSURES (- 445 Ma à maintenant)
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